Bio /

Unité 01

6.10.2007

Agir dans la ville

Ce projet se construit autour d'une idée assez simple, voire utopique, celle de créer un espace original de transformation dans un environnement familier. Dans cet espace, les passants participent au processus de transformation de deux manières. Ils en sont à la fois les récepteurs passifs et les acteurs potentiels. Le processus s'auto-régénérant, l'intervention sonore d'un être humain est optionnelle, néanmoins même sans intervention, une activité d'écoute et de traçage des événements peut s'effectuer. Les trois pôles de la relation mise en jeu ici sont : l'Unité 01 ou la création subjective, le lieu ou l'espace d'accueil, représentation de l'organisation de l'activité humaine, et les passants. Le dispositif est transportable et mobile, ce qui permet une intervention dans la plupart des contextes urbains ciblés (rue, pont, hall, marché, parc, chemin, etc.). Agir partout et n'importe quand, l'unité se fond dans le décor de la ville en se camouflant en objet crédible. Evitant tout impact visuel, le rendu plastique est minimisé au profit du champ sonore, qui devient alors le principal canal de la relation. La portée de l'action se limite à la zone de diffusion sonore autour de l'unité. Dans celle-ci, le processus agit sur les sons et réordonne les relations temporelles entre les différentes sources sonores (voiture, bus, voix, pas, vent, etc.). La manipulation de ces référents physiques réorganise par ricochet les relations internes du lieu, qui devient lui aussi transformable, matière du processus. L'installation ne se limite plus exactement au champ artistique, elle devient sculpture sociale par le jeu de ces interactions. Au fond, ce type d'approche se distingue par l'intention de simplifier l'expérience, en favorisant un contact brut et direct, et en s'affranchissant des intermédiaires et du « balisage culturel» classique.

Modéliser un système sonore interactif Dans les technologies de l'information, une grande partie des recherches se concentre sur la miniaturisation des composants et sur la réduction des temps de calculs et de transmission (« temps réel »). Au delà des motifs spéculatifs et sécuritaires qui motivent ces innovations, on constate que ces technologies sont devenues omniprésentes dans la plupart des secteurs d'activités. Des masses d'informations sont produites en permanence, à travers les médias et autres canaux de communications. Cette profusion peut engendrer une attitude de soumission via une réception passive des informations. C'est pourquoi, il m'a semblé nécessaire de modéliser un mini système offensif, capable de sélectionner, ordonner, manipuler un flux d'informations suivant des règles subjectives et modifiables, et de le rendre accessible à la collectivité. L'ensemble des opérations de sélection et de manipulation se divise en trois parties. Une partie classe les sons entrants suivant plusieurs niveaux d'analyse, une autre agit directement sur les sons, et la dernière lie l'ensemble de façon à choisir des réponses adaptées aux stimuli. Une attention particulière se porte sur cette dernière partie, qui représente le « cerveau » même du programme, c'est elle qui connecte telle entrée à telle action sur le son. En jouant sur l'évolution de ces connections, en développant une réelle capacité d'apprentissage, on peut aboutir à une lecture originale de l'environnement sonore. Unité 01 peut finalement être considérée comme un prototype de média alternatif.