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Télépunch

6.10.2007

En utilisant la télévision comme un simple objet de percussion, l'enjeu est clair : relativiser l'importance de cet objet, le désacraliser et s'engager dans un acte artistique de réappropriation qui porte un sens dans la société. À première vue, la situation est cocasse: sur scène, un performeur, les fesses posées sur un poste de télévision, tape dessus à en perdre raison. La violence excessive envers un objet, qui par essence ne vous a rien fait, génère presque mécaniquement une certaine forme d'humour. Le décor est planté. Aux sentiments de "bourrage de crâne", de matraquage médiatique, souventassociés à ce média, le performeur lui oppose en retour, son matraquage, celui-là bien réel et sans ambiguïté. Ce pied de nez semble significatif d'une époque où le rapport avec les médias est conflictuel. Paradoxalement la télévision est vraiment populaire, la culture contemporaine en est imprégnée. Elle rythme nos vies par des rites dont le journal de 22H est sans doute le plus emblématique.

En tant que spectateur, au bout de la chaîne de l'information, les possibilités de contrôle sont minces : éteindre/allumer, changer les chaînes, le volume. En étendant le nombre et la richesse de ces contrôles, le performeur prend le pari d'en faire un véritable instrument de musique. Avec néanmoins une différence fondamentale: les sons et les images sont la matière première, produits en direct, ils sont totalement imprévisibles. Cela rend la performance bien plus amusante, et cela permet aussi d'attirer l'attention sur les choix du performeur et sur sa "complicité" avec le programme. Il s'agit de sortir d'une réception passive, hypnotique, vécue individuellement, en faisant partager le plaisir de la réappropriation des choses bien établies, bien calculées. Leurs recompositions sous un angle artistique permet d'envisager le journal comme une pièce de théâtre ou un morceau de musique avec ses drames, ses tensions, ses refrains, etc.