Bio /

Retour à la matière

30.3.2012

Exposé donné et finalisé pour les participants de l'atelier efest-lab, organisé à Sidi-Bou Saïd en Tunisie par l'association Echos Electrik et le Centre de musiques arabes et méditerranéennes, du 26 au 30 mars 2012.

Un mouvement important s'opère depuis quelques années dans le milieu artistique, c'est la démocratisation de l'électronique. Ce phénomène ressemble à celui qui a fait passer l'informatique de l'image austère de l'entreprise et du secrétariat à celui du loisir et de la réappropriation artistique. Plus profondément, la fusion du logiciel libre et du matériel libre nous ouvre de nouvelles perspectives d'échanges, d'inventions et de créations. Personne ne peut ignorer l'impact du logiciel libre : la connaissance est un bien commun, la technique doit être libre, modifiable et partageable, bref le monde nous appartient. Le matériel libre consolide cette vision en orientant nos pratiques et nos réflexions sur l'aspect matériel, physique des choses.

Ce mouvement n'est pas nouveau, d'autres mouvements orientaient bien avant leurs expériences sur la matière : les matérialistes, les futuristes, l'arte povera, la musique concrète, les nouveaux réalistes, les documentaires réalistes, le punk et l'esthétique trash, le Do It Yourself (D.I.Y), etc. Mais cela ne doit pas pour autant atténuer cette force nouvelle. La donne aujourd'hui est plus compliquée et impérieuse, car tout un ensemble de stratégies économiques et politiques nous éloigne de la matière : les univers virtuels, la dématiéralisation de la monnaie, l'économie de la connaissance. Le retour à la matière peut aussi être un retour à l'humain.